L'objet regard


Les 5 et 6 novembre 2016 à Paris se tenaient les 46ème rencontres de l'Ecole de la Cause Freudienne, sous le thème "l'objet regard". Une approche surprenante de l'activité des psychanalystes, souvent symbolisée par l'oreille, la parole et l'écoute.
Lors des consultations sur le divan, les protagonistes n'échangent pas de regard. Credit : bibamag

Le regard... Objet massif en 2016 pour la communication politique. Du président papparazzié aux écrans par lesquels les candidats nous parlent, en passant par les dispositifs de surveillance que de nombreux responsables politiques - de droite et de gauche - nous proposent comme l'indispensable adjuvant du lien social, le regard est un sens particulièrement investi par la question du "comment gouverner ?"


Le regard de Michel Foucault - Crédit iphilo

Michel Foucault - qui n'était pas toujours très ami de la psychanalyse - place dans son Surveiller et punir le rôle du regard au centre de la technologie moderne de gouvernement. 
Au cours de ces journées de l'ECF, il ne sera pas question de Foucault - surtout de Lacan, et de sa façon d'interpréter cette phrase si courante : "ça me regarde". Ou comment placer le regard au confluent du "ça", l'existant indéfini à partir duquel le sujet parle, se constitue par la parole en disant "moi"... et en étant regardé ! Intéressante, je trouve, cette idée selon laquelle on est pleinement concerné par le monde qui nous entoure parce qu'on est regardé par lui. Et cette remarque inverse, d'un psy assis à côté de moi, que je n'ai pas fini de méditer : "il n'y a rien de l'autre côté de l'écran - de mon smartphone, de ma tablette, de mon ordinateur - c'est pour cela que ce que je regarde à travers l'écran, ça ne me regarde pas".

Est-ce pour cela que l'écran repose ? Parce qu'il ne nous regarde pas ? Crédit : connectthedots


J'ai suiv ces journées en prenant des notes à la volée, je n'ai absolument pas le temps de les reprendre. D'ailleurs, pas la peine : les vraies informations sont sur le site des journée. Je trouve l'ensemble lisible, je vous en laisse juge.



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Samedi 5 au matin - axe "Voir, être vu, se faire voir"

Propos introductifs
L'oeil intéresse Lacan à titre exceptionnel. Comme le sexe – autre organe qui l'intéresse. Selon lui, la fonction n'explique pas l'organe – qu'est-ce que l'organe détermine ? Des devoirs. On est en dette de nos organes – l'animal paye cette dette par l'instinct.

Chez nous, il y a l'organe et sa superstructure – le sujet. Nous ne somme pas pilotes pour autant. Notre rapport à la vision est déterminé par ce qui nous a d'abord fasciné. L'organe intéresse l'inconscient parce qu'il est le siège d'une jouissance. Séminaire 11 : l'inconscient est une zone érogène.






Le regard vit via la lumière. Je situe mon être là où je sens que la lumière me concerne. Cf. Roger Caillois, Méduse et compagnie. Quelle relation entre le mythe pour l'homme et l'instinct pour l'animal ? Ce n'est pas la même chose, mais cela occupe la même place. L'instinct mimétique de certains animaux les met davantage en danger. 


Soyez mimétique, vous vivrez moins longtemps.  

La crevette joue à s'inscrire dans le décor pour une autre raison que la survie : pour s'inscrire dans le décor, pour faire tableau dans la lumière. Les tableaux des peintres sont-elle comme la variété des ailes de papillon ? Non, les tableaux sont une variation de cette activité du papillon. Le peintre déplace la chose sur un écran. L'insecte est joué par le regard, alors que le peintre en joue. Le spectateur dépose son regard, parce que le regard est sur la toile – apaisement de la peinture, qui peut être ennuyeux.

Qu'est-ce que peindre ? Une part de construction rationnelle, une part de hâte – cf Matisse qui peint, sur Dailymotion : le premier acte de déposition du regard, le pinceau travaille au service de l'oeil du spectateur. Le peintre n'est pas un maître, il est inféodé à l’œil regardant son pinceau. La peinture n'est pas un geste, c'est un acte. Le peintre est agi, comme le serpent qui fait tomber ses écailles. Le peintre est servant de la pulsion assouvie dans le regard.

Présentation de cas – Catherine Kempf


Patient mortifié par sa crise conjugale – plus de relations sexuelles depuis 10 ans, vie séparée – fasciné par le rai de lumière sous la chambre conjugale, qu'il regarde en attendant. Noces avec la mort. Scoptophile. Voyeur. Sociologue. 


L'écrasement vient de loin, souvenirs d'enfance, du père qui gardait toutes les femmes pour lui, phallique. L'analyse permet au patient d'observer son histoire personnelle, entre jouissance et désir. Obsessionnel, puis mesure la vanité de ses obsessions. Le patient est mort, mais il est là à regarder la fente. C'est une histoire de mort vivant – enfant, il a vu sa mère sortir mourante d'un accident, puis se rétablir. Résilience? Il ne quittera pas cette femme dominatrice, qu'il aime. Il trouve avec elle un arrangement – regarder son corsage, sa jupe. Son désir est auprès de cette femme, il lui fllait trouver un arrangement, autour duquel il se met à revivre (nouvelles responsabilités au travail, activités sexuelles - qui mettent également en valeur sa passion pour le regard).

Présentation de cas – Laurence Fournier


Sophie : « j'ai une vie bien remplie ». Femme d'agriculteur, a quitté sa famille qui n'a pas accepté son mariage. Apprécie quand même son frère cadet. Enfance triste, mère silencieuse. Seule fille, se vit comme étrangère à la filiation. Enonce deux plaintes : « je vois la vie en noir » ; « je suis jalouse du bonheur de son mari ». A tenté de se suicider, puis a appelé son mari au secours. 



Échangiste mélangiste, à l'initiative de son mari, qui aime que les gens regardent son corps à elle. Une femme, Catherine, a approché le couple, Sophie en est jalouse. Elle serait exclue du décor, surnuméraire ? Insupportable. Elle a besoin qu'on la regarde. Elle trouve un truc, poser pour les cours des Beaux Arts. Mais son mari se photographie avec Catherine et sa fille. La scène a lieu sans elle, elle est de trop. Après être tombé sur cette photo, elle se sent réduite au statut de déchet. Elle se tranche les veines et finit aux Urgences. Elle a tranché dans le vif. Elle rompt avec son mari, s'investit comme modèle pour les dessinateurs et pour un photographe, vit dans leurs regards. Puis rompt avec le docteur Fournier. Fin de l'analyse.


Quatre autre cas (deux psychotiques, deux enfants) que je n'ai pas noté

Après-midi - axe "E-Regards"


Donner à voir ? Vocable inconnu dans la langue française – qui compte pourtant beaucoup de « donner à » (rire, penser, entendre etc.). Arrêtons-nous sur « donner à entendre » : moins fort que « faire entendre », plutôt « sous-entendre ». Donner à voir serait donc plutôt « laisser entrevoir ». Ou au contraire qqch de plus affirmatif : « se faire voir ». 


Poussée pulsionnelle (exhibitionniste) sans conscience affirmative du sujet. Le fait de se montrer est-il si simple que cela ? Le sujet ne se montre pas à chaque fois qu'il existe. Par ailleurs, ce qu'il donne à voir n'est pas ce qu'il montre. Cérémonie du Nave, décrite par Bateson en Nlle Guinée. Cérémonial de travestisme – une femme en homme, un homme en femme. Ils font semblant de copuler. Ce qu'ils donnent à voir, c'est qu'un crime ancestral a été commis.

Remarques de Lacan sur le mimétisme animal, référence à Caillois (la même que ce matin). Les yeux sur les ailes du papillon (ocelle) – [et les yeux sur les plumes du paon?] : camouflage, travestissement ou mimétisme ? En 1914, Picasso et Braque félicitaient les véhicules de guerre camouflés pour leurs lignes cubistes. Parade ou gonflage grimaçant, l'animal donne de lui un masque, un double, une enveloppe, un être détaché. Leurre, semblant, tel est le travestissement ou le mimétisme.



Le voyeur absolu - crédit boumbang.com


Le « donner à voir » est donc une séparation en deux du sujet, opération produite par le regard de l'autre.
Bavcar Evgen, photographe aveugle, a écrit « le voyeur absolu ». La photographie est généralement la matérialisation d'un fantasme – elle produit une myopie conséquente. Conséquence de son handicap, Bavcar Evgen propose des photographies qui ne parlent pas de son fantasme. L'auteur s'est décrit comme « voyeur absolu ». Il disait faire des « icones », comme les mosaïstes byzantins.

Etudes de cas liés au E-regards


1°Un père amène une vidéo au psy. La vidéo montre son fils qui hurle quand on lui retire son écran. 11 ans, rétif au dispositif analytique : « j'ai tout dit ». Négociations du petit Allan, qui veut moins de deux séances par mois. Les parents veulent que ça avance quand même. Allan montre des photographies de la famille, sauf sa sœur qu'il déteste. Le père cède à tous les caprices de Allan. Au cours de la cure, Allan montre qqu'il sait faire des origamis – et explique à l'analyste. Il a tout appris sur Internet, qui devient un lien. Les origamis deviennent des témoignages visibles de son amabilité possible. 



Bascule de la conjugaison pulsionnelle. Il ne m'a plus à l'oeil. Dans la famille, le père filmait toute la maison. Allan laisse bientôt tomber la gym et la surveillance perpétuelle de son prof. Il préfère la trottinette avec les copains, avec lesquels il invente des mots monosyllabe. Il montre des vidéos de lui en trottinette, et demande à arrêter de venir.


2° Ambre, 14 ans, isolée par le départ de son copain Marius et de sa copine Lyo. Avec qui elle socialisait via les séries TV et les dessins animés. Mal-être causé par le visionnage de «
Rumplestiltskin», une série TV à laquelle elle s'attache au point de produire un fort lien imaginaire. Le personnage lui parle, elle le voit. 

Rumplestiltskin, berk ! credit : nocookie.net


Il lui conseille de se suicider, est énervé, lui crie dessus. Problème : plus elle en parle, plus le personnage devient consistant. Elle veut exister dans le monde de la série TV, et pense à se suicider parce que c'est impossible. Ambre voudrait avoir des pouvoirs. Elle ne souhaite pas attrister ses parents en leur disant sa tristesse. Mais est-elle tout le temps triste ? En se posant la question, elle s'aperçoit que ce n'est pas le cas, et l'amènera à investir des hobbies qui la rendent heureuse – quand elle arrive à s'y accrocher. Elle arrive à retrouver ses copines, à être moins seul – cette solitude que Rumple occupait.

2° X, 40 ans, séparé de sa compagne. Doute et questionnement, se sent renfermé, inhibé, perd son temps à jouer au jeux de cartes en ligne. Cartographie des embrouilles, d'une séance à l'autre. Au centre, son addiction relative à ce jeu. Déteste perdre : raconte un épisode d'échec au tennis avec un adversaire bien meilleur. A la fin du match, il arrête définitivement le tennis. Se propose un programme de réduction au jeu : le psy le contredit « vous n'êtes pas un addict ! ». 


Explication : « vous ne risquez pas la défaite, face à un écran vous ne perdez jamais ». Il constate que souvent, il engage un match avec autrui dans tous les domaines. A ce moment, il rencontre une femme forte avec laquelle il engage une relation complexe – ce n'est pas un match. Il décide d'aider sa femme, de lui offrir une démission. Il doit payer pour tout le couple, et arrête par conséquent l'analyse – trop chère ? Au moment où il avait vaincu l'écran et pacifié une femme grâce à l'analyse, il lui est impossible de finir la cure. L'analyste envisage de le recontacter pour voir s'il est prêt à continuer.


4° Anis, dont le père a tué la mère puis s'est pendu, est un adolescent sujet à des troubles du comportement. Il vient aux séances avec une PSP. Il tente de faire peur au psy avec un masque de monstre. Réponse « c'est effrayant de faire face à un monstre qui vous regarde ». Réponse : « c'est ça ». Il a un couteau dans son sac au cas où il serait en danger. Il montre des vidéos de film d'horreur, de violence et de haine. 


A propos d'un film « incontrôlable » : il admet qu'il a du mal à se contrôler. Se demande pourquoi son oncle est homo. Hanté par l'image de ses parents morts qu'il a trouvé en revenant de l'école. Le signifiant « mort » vient hanter le réel, parce qu'il ne peut être fixé dans le symbolique. Anis dénonce la violence dont son père le tapait, jusqu'à ce qu'il « se pisse dessus ». Père sadique, bon à rien : « pourquoi ma mère est-elle resté avec lui » ? Il était l'objet de son regard à elle, en la perdant, il ne sait plus qui il est. Comment pourrait-il se débrouiller avec son corps ? Il s'achète une casquette, cherche des T-shirts avec des têtes de mort. Il donne quelque chose en pâture à l’œil, qui permet l'abandon du regard – un leurre ?
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6 novembre - plenière - grand amphi



Le spectacle est le capital à un tel degré d'accumulation qu'il devient image (debord). Ce n'est pas l'image qui compte, c'est le regard – à ne pas confondre avec la vision. Au commencement est le regard, nous sommes des êtres regardés. La vie, ça vous regarde – on en attend un effet dans son corps. Du coup, le psychanalyste devient plastique.

Qu'est-ce qu'un analyste ? On pourrait enchaîner les prédicats, ou plutôt dire « c'est un sujet qui soutient un performatif ». Quel est ce « je » qui dit « j'ai terminé mon analyse » ? Qui s'est rendu compte que le moi est un bric à brac, et la pulsion la chose la plus sure ? Quelle est la place du regard dans ce « je » ? Jusqu'à quel point pouvons nous saisir ce « je » qui n'a plus d'image ? D'où se soutient-il ?

Hélène Guilbaud résume toute son analyse en dix minutes, en un texte nommé « en un éclair ». Elle se souvient d'une parole répétée de sa mère : « nous attendions un fils, deux filles sont arrivées. Il n'y avait pas de place pour deux ». Ce fils aurait dû remplacer un autre fils, que le père avait perdu autrefois. La sœur jumelle occupe la place – et prend le nom – du fils souhaité ; il n'y a donc logiquement d'yeux que pour elle. Hélène Guilbaud a reçu le nom du garçon attendu, l'objet perdu du père. Elle était dans l'ombre, dans son cercueil, mais voyait tout. Elle se plait au point aveugle du regard de l'autre : elle voit le regard du père, et voit que malgré ses fille, malgré la sœur qui occupe la place du fils souhaité, le père est inconsolable de sa perte. Hélène Guilbaud est devenu psy en acceptant de rentrer dans la lumière. Des deux jumelle, Hélène Guilbaud avait été l'ombre de l'ombre de l'objet perdu – sa sœur, l'objet visible. Hélène Guilbaud a constaté qu'il n'y avait pas de place pour elle, et ce « pas de place » est devenu sa place.


Jérôme Lecaux parle de tache. « Aux yeux de mon analyste, j'étais une tache. Une force puissante me poussait au renoncement, à me constituait comme leurre pour le désir maternel. J'étais encombré de moi-même. C'est en traversant mes identifications phalliques que j'ai compris qu'il fallait que je refuse de me fondre dans le décor ». Il raconte ensuite un rève : je me promène dans un appartement tout en longueur qui n'est pas le mien, je touche à tout. J'ouvre la porte du fond, je tombe sur le propriétaire de l'appartement que je réveille par mon irruption. Je me réveille à ce moment et je dis « je dormais si bien ».


Véronique Vorus et ses trois rèves : « J'ai vu un enfant mangé. Ma mère, puis moi, avait fait sienne ce commandement christique : mangez, ceci est mon corps. Ma mère est partenaire de la jouissance. Second rêve, je vois un membre arraché émerger d'un tas d'éboulis, lors d'une ballade en montagne. Suis-je un membre arraché de ma mère ? Troisième rêve : ma mère et moi, en équilibre entre deux rochers. Elle tombe, et se retrouve tête bêche avec mon père, dans la position des fœtus qu'ils avaient perdu avant nous. Dans ces trois rêves, je ne me vois pas, je vois par la fenêtre de ma jouissance ». Le rêveur, disait Freud, est à toutes les places.



Toubiana parle de son rapport au cinéma dans son livre Les fantômes du souvenir. Il raconte son premier film, la strada, trainé au cinéma par ses parents. Ce qui suit, c'est une histoire de peur et d'attirance. Il se vivait comme un voyeur indésiré. Toubiana : « je n'ai jamais voulu être cinéaste, c'est une passion intime. J'ai été accepté par le cinéma. Mes parents ne savaient pas quoi faire de moi et me voilà, devant un film que je n'ai vraiment pas aimé. Ensuite j'ai vu des weterns, des peplums, j'ai adoré Jerry Lewis. Plastique, indéterminé, indécidable sur le plan sexuel. Jerry Lewis était mon regard d'enfant. Les américains le détestaient ! Aux Cahiers, on le défendait. C'est un héros pour les enfants. Or, le cinéma est une maladie infantile. On ne l’attrape pas une fois adulte ». Le cinéma est un appel à regarder, et pas seulement à regarder des films.


Toubiana parle des années 60, le ciné-club. Une activité militante : organiser le regard des autres. Pierrot le Fou l'impressionne beaucoup. Il en discute, mais tout le monde n'est pas de son avis autour de lui. Son prof de lettre le déteste. Positif, la revue qu'il lit aussi, déteste Godard. Et puis jeune communiste, il lit dans les Lettres Françaises un texte d'Aragon, Qu'est-ce que l'art, Jean-Luc Godard ? Là, Aragon défend Godard comme un artiste, dans la filiation des grands maîtres de la peinture. Toubiana a vécu ce texte comme une confirmation de la qualité de son goût pour Godard. Godard a fait son éducation politique, mais c'est à Truffaut qu'il doit son éducation sentimentale, les deux éléments de son parcours de jeune homme.

J'ai réparé deux institutions, finalement j'ai fait le même métier que mon père.



François Ansermet s'entretient avec Alain Prochiantz, administrateur au Collège de France et auteur de Qu'est-ce que le vivant ? : « expérience périlleuse ». Comme dans toute expérience, il fait un protocole : on parlera de l'objet regard dans les sciences du vivant. Qu'est-ce que vivre ? C'est vieillir, c'est à dire se transformer – pas seulement se dégrader.


Bon, à ce moment-là je me suis mis à m'ennuyer. La controverse intéressait sans doute une partie de la salle, dont la formation médicale comportait une bonne dose de biologie.

Je comprenais aussi l'intérêt d'avoir l'administrateu du Collège de France à la plénière - côté légitimité, ça vous pose un événement.


J'ai bien aimé ces deux journées dans l'ensemble - j'étais un peu comme au théâtre, avec ces moments de sincérité que permet la certitude d'être regardé.

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