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Affichage des articles du 2017

Macron-Le Pen : la stratégie du kamikaze

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J’ai eu hier le plaisir effrayant d’être invité dans trois médias audiovisuels. Un taxi est venu me chercher à 6h pour participer à la matinale de France Info, puis j’ai répondu aux questions d’un journaliste de M6 pour un reportage, et je suis retourné à Radio France à 13h pour répondre aux questions d’Alain Passerelle au journal de 13h de France Inter. Une journée dont tu ressors la tête creuse, trop fatigué pour faire quoi que ce soit de productif dans le restant d’après-midi. Le quart d’heure wharolien.

Le débat de second tour avait lieu le soir même, les journalistes cherchent des spécialistes pour parler du sujet. En tombant sur mon interview au Monde,  ils ont vu que j’ai fait aux PUG un bouquin sur les débats TV. Un peu de boulot en amont pour replonger dans le sujet, et éviter les banalités d’usage sur « l’importance de ce rendez-vous politique » sur lequel, en plus, je n'ai pas travaillé ! Moi, j'avais bossé sur "Mots Croisé", la petite émission de seconde …

Faites vous-mêmes vos pronostics !

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Le pont du 1er mai pour un prof, c’est trois jours sans étudiants. C’est beaucoup trop !
La vocation chevillée au corps, j’ai décidé d’employer ce temps libre à rédiger ce tutoriel « faites vous-mêmes vos projections pour le second tour des élections présidentielles françaises du second tour ».

J’ai rédigé ce petit billet parce qu’autour de moi, il se tient beaucoup de discours irrationnels sur cette élection : 
untel sera élu à coup sûr, que j’y aille ou noncette élection ne me concerne pasou encore mon petit préféré : « les français » vont se mobiliser

Ce billet a donc pour objet de répondre point par point aux affirmations suivantes :Il n’y a pas de candidat élu à coup sûr, celle élection – très clivante – est également très serrée.Cette élection concerne tout le monde, puisque le choix entre deux modèles orthogonaux de projets pour le prochain quinquennat va se décider dans un mouchoir de poche.Quand on dit « les français » vont se mobiliser, on dit « les autres, mais pas moi ». Un …

Le pluralisme à la pendule

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Dans l’atmosphère d’une campagne électorale, les partisans de l’un oul’autre camp sont toujours prompts à critiquer l’arbitrage. 
Pris dansune certitude collective, ils s’empressent d’estimer que leur champion amanqué de temps pour expliquer sa cause, que le journaliste lui a posédes questions malveillantes ou qu’il a au contraire avantagé son adversaire.Cette critique de l’arbitre reste en général confinée aux discussions privées,puisqu’il est souvent difficile d’étayer ce sentiment par un fait indiscutable. Parfois, une crise éclate plus ouvertement. 


SOuvenez-vous : le 4 mai2012, soit l’avant-veille du second tour des élections présidentielles, Jean-François Copé alorssecrétaire général de l’UMP s’en est publiquement pris aux médias. Des médias « complaisants », coupables selon lui d’une « une allianceobjective » avec François Hollande pour « brûler » Nicolas Sarkozy !
Et ça ne s'est pas amélioré depuis. La campagne 2017 s’accompagne d’une critique récurrente des médias par Mar…

Il nous faudra aller voter

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L'offre politique de ces présidentielles 2017 ne vous fait pas envie ?
Confidence pour confidence : à moi non plus.

Je crois fermement que votre envie, mon envie n'est pas l'enjeu de cette élection.
L'enjeu, c'est que votre dégoût et le mien ne conduise pas à céder la France à une brigue.

"Tous pourris ?"
Si vous le dites...
Mais dans ce cas, vous devrez admettre que "tous" ne sont pas "pourris" au même degré.

Prenons le "degré de pourriture" comme un indicateur, puisque c'est votre idée.
Pour le calculer, prenons les affaires judiciaires, bien sûr.
Les reniement tactiques.
Les mensonges.

Mais surtout, regardons l'appareil qui se cache derrière chaque candidat-e.
Mesurons bien la capacité de chacune de ces équipes à flinguer, par incompétence, manipulations ou coups de force, l'infrastructure d'un pays qui ne va pas bien. De ce point de vue, le FN est de loin la plus épouvantable escroquerie, la plus dangereu…

« Les débats télévisés sont un moment d’adoubement archaïque »

LE MONDE | 20.03.2017 à 17h33 • Mis à jour le 20.03.2017 à 19h30 | Propos recueillis par Marc-Olivier Bherer


Dans le passé, comment se sont déroulés les débats présidentiels à la télé ? Qu’est-ce que celui-ci a de différent ?

Le premier débat a lieu en 1974 avant le second tour qui allait opposer Valéry Giscard d’Estaing et François Mitterrand. Même si chacun se souvient de cette pique lancée par Giscard, « Vous n’avez pas le monopole du cœur », l’échange relevait davantage de la bataille d’experts que de l’échange de petites phrases. Chacun a critiqué le programme de l’adversaire, sa capacité à rassembler, à disposer d’une majorité. Le ton était très technique, chiffres, règles et dates à l’appui. Et il n’y avait aucun « fact checking » [vérification des faits] : les journalistes présents sur le plateau n’ont pas eu le droit d’intervenir ! La formule choisie ne permettait pas à Jacqueline Baudrier et Alain Duhamel de poser la moindre question. C’était la condition expresse sur laquelle…

Présidentielle : dégagez les petits candidats !

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J'ai répondu hier à une demande d'interview de Maelenn Bereski, journaliste à RT France.Oui, RT France, le média du pouvoir russe.
J'ai d'abord hésité. 

Et puis l'invitation était sérieuse : la promesse d'un entretien entièrement relu. Et puis le sujet m'attirait : le projet de TF1 et de France 2 d'organiser un débat de premier tour... sans tous ces "petits candidats" que le CSA impose en principe aux grandes chaînes, au nom du pluralisme. Une tendance qu'on sentait poindre, après la sortie de FOG sur les "petits candidats" sur France 2 en 2012, et le choix du CSA en 2016 de supprimer l'obligation faite aux chaînes de traiter également les candidats. 

Je suis content de ce qui est ressorti de cette collaboration avec Maelenn Bereski : c'est d'abord avec un(e) journaliste qu'on traite. Elle m'a fait relire le transcript après entretien, je l'ai largement modifié, elle l'a publié dans sa version modifiée. J…

Assassin’s Creed : Mon curé chez les Conspis

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La superproduction de 2016 décrit un monde gouverné en sous-main par une congrégation religieuse qui règne en abolissant le libre arbitre. Un navet, qui offre une riche lecture du raisonnement conspirationniste.  











Quel intérêt y a-t-il à parler d’un mauvais film ? On débat de ce sujet dans le monde de la critique. Dans celui que j’ai connu, au moins. Quand j’écrivais des piges pour la rubrique Musique de L’Humanité. On était entassés dans notre bureau, entre amateurs de théâtre, de cinéma, de jazz, de rock et de danse. Quand on avait fini nos papiers respectifs, on abordait ce genre de questions.

Pourquoi ne pas écrire sur un objet culturel sans intérêt ? Parce que l’espace rédactionnel est rare, autant le conserver pour qui le mérite. Parce que c’est lui faire trop d’honneur. Pour ne pas se fâcher avec les contacts dans le milieu (raison inavouable, tacitement admise). Parce que le lecteur veut des conseils, pas des sermons.

Pourquoi le faire quand même ? Pour soulager son indignation…