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Les patrons de presse, c'est nous ! (en principe)

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On l'a appris à la rentrée : Patrick Drahi veut dégraisser "L'Express".   Patrick Drahi, patron de Numéricable Après avoir racheté le groupe L'Express-Roularta en février dernier, le patron de Numéricable veut alléger la masse salariale du groupe de presse qui édite le magazine "L'Express" mais aussi "L'Expansion", "Mieux vivre votre argent", "L'Etudiant", "Point de Vue", des magazines culturels ("Lire", "Studio Ciné Live", "Classica", "Le Pianiste"), des titres "Art de vivre" ("Côté Sud", Côté Ouest, "Maison Française Magazine", "Décoration Internationale"...) ou le gratuit "A Nous Paris", etc. La nouvelle n'a pas ébouriffé l'actualité. On est en pleine catastrophe humanitaire, les réfugiés meurent sur les plages européennes, il y a des priorités . Incontestablement, et c'est aussi en partie la ra...

Tuer pour des idées ?

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Il se pourrait que les Jihadistes, comme tous les assassins qui les ont précédés, ne tuent pas "pour des idées", mais pour leur bon plaisir. Les 7, 8 et 9 janvier 2015, trois personnes ont semé la mort dans Paris. Parmi leurs victimes, plusieurs membres de la rédaction de l’hebdomadaire satirique Charlie Hebdo, surpris en conférence de rédaction. Peu de temps après, les assassins ont fait passer la justification suivante : Charlie Hebdo insultait l’Islam, nous avons tués les rédacteurs de Charlie Hebdo, donc nous avons vengé l’Islam. Depuis, ce raisonnement sert trop souvent d'amorce aux réflexions sur Charlie Hebdo. On se demande si Charlie Hebdo n'était pas un peu islamophobe, on affirme au contraire que ce journal ne peut être qualifié de cette manière : bref, on discute de ce journal dans le cadre même délimité par les assassins. C'est gênant pour l'Islam, c'est gênant pour Charlie Hebdo.    Par contre, ce n'est pas du tout gênant pour les a...

Mesurer l'islamophobie ? Vaste programme

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Chère Céline Goffette, cher Jean-François Mignot, Vous avez procédé au codage des « unes » de Charlie Hebdo entre 2000 et 2015 en vue de répondre à la question « Charlie Hebdo était-il obsédé par l'Islam ? ». Cette contribution au débat force le respect par le volume de travail qu'il représente. Il a suscité bon nombre de discussion sur les réseaux sociaux, et ce n'est pas là son moindre mérite. Vous n'êtes pas sociologues des médias, et alors ? La presse est un objet qui concerne tous les citoyens ; nul n'en est heureusement propriétaire, et surtout pas les sociologues des médias – dont je ne suis qu'un modeste représentant, et surtout pas le porte-parole. En vous lisant, je me suis demandé pourquoi aucun sociologue des médias n'a effectué, après les attentats, une démarche telle que la votre. Je m'attacherais ici à proposer des pistes de réflexion sur ce sujet. Cela a trait d'abord peut-être à la question que vous vous êtes posé : la quant...

Le Charlisme est-il un humanisme ?

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Que faire de ce slogan, « je suis Charlie », à la fois culte...et tellement flou? Ces attentats nous ont confirmé, entre autres choses, que notre société réagissait très vite : sur le plan sécuritaire et politique, mais aussi sur le plan des symboles. Mercredi 7 janvier, quelques heures à peine après le drame, un nombre exponentiel d'internautes et de manifestants anonymes, mais aussi de personnalités publiques et bientôt de chefs d’État... sont devenus « Charlie ». En ajoutant sur leur profil numérique, sur une photo d'eux, le logo désormais culte aux lettres grisées sur fond noir, bricolé à la hâte par un jeune graphiste dans les heures qui ont suivi la catastrophe. En quelques heures, des millions de gens se sont retrouvés à exprimer leur tristesse et leur soutien aux victimes. Et puis dans les jours qui ont suivi, lorsque le deuil a succédé au deuil, « Je suis Charlie » a pu apporter leur soutien aux victimes du troisième jihadiste, de Montrouge à la porte de Vincenne...