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Mesurer l'islamophobie ? Vaste programme

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Chère Céline Goffette, cher Jean-François Mignot, Vous avez procédé au codage des « unes » de Charlie Hebdo entre 2000 et 2015 en vue de répondre à la question « Charlie Hebdo était-il obsédé par l'Islam ? ». Cette contribution au débat force le respect par le volume de travail qu'il représente. Il a suscité bon nombre de discussion sur les réseaux sociaux, et ce n'est pas là son moindre mérite. Vous n'êtes pas sociologues des médias, et alors ? La presse est un objet qui concerne tous les citoyens ; nul n'en est heureusement propriétaire, et surtout pas les sociologues des médias – dont je ne suis qu'un modeste représentant, et surtout pas le porte-parole. En vous lisant, je me suis demandé pourquoi aucun sociologue des médias n'a effectué, après les attentats, une démarche telle que la votre. Je m'attacherais ici à proposer des pistes de réflexion sur ce sujet. Cela a trait d'abord peut-être à la question que vous vous êtes posé : la quant...

Le Charlisme est-il un humanisme ?

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Que faire de ce slogan, « je suis Charlie », à la fois culte...et tellement flou? Ces attentats nous ont confirmé, entre autres choses, que notre société réagissait très vite : sur le plan sécuritaire et politique, mais aussi sur le plan des symboles. Mercredi 7 janvier, quelques heures à peine après le drame, un nombre exponentiel d'internautes et de manifestants anonymes, mais aussi de personnalités publiques et bientôt de chefs d’État... sont devenus « Charlie ». En ajoutant sur leur profil numérique, sur une photo d'eux, le logo désormais culte aux lettres grisées sur fond noir, bricolé à la hâte par un jeune graphiste dans les heures qui ont suivi la catastrophe. En quelques heures, des millions de gens se sont retrouvés à exprimer leur tristesse et leur soutien aux victimes. Et puis dans les jours qui ont suivi, lorsque le deuil a succédé au deuil, « Je suis Charlie » a pu apporter leur soutien aux victimes du troisième jihadiste, de Montrouge à la porte de Vincenne...

Européennes : ce qui scandalise les élites

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Ecoutons les commentaires indignés, unanimes, qui ont accompagné les résultats de ce scrutin du 25 mai 2014 : Un quart de députés FN ! C’est énorme, c’est trop, c’est un scandale !  Un scandale, vraiment ? Qu’est-ce qui dans ce résultat paraissait à ce point incompréhensible, cause de trouble et de rejet ? Pas le score du FN, tout de même ! Non, ça c'était prévisible : les élections passées, les sondages, tout ça nous répétait depuis deux ou trois ans que le vote FN faisait désormais partie du paysage, et qu’il rassemblait le plus souvent entre quatre et six millions de voix. Et puis après tout, elle a fait environ deux millions de voix de moins qu'aux présidentielles de 2012. Alors ? Avait-on peur de l’activité des députés FN sur le fonctionnement du parlement européen ? Rassurez-vous, intervenaient d’autres experts, à moins de former un groupe parlementaire et d'y peser de tout son poids, leur présence n’aura aucun effet sur les grandes dé...

Volupté des discours d'extrême-droite

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Qu'est-ce qui fait le succès des discours de "Marine" ? Pourquoi tant de gens se sont-ils mis à écouter son père, dès qu'on s'est mis à l'inviter à la télévision ? Qu'est-ce qui fait jouir cette droite dure, ses orateurs, ses publics ? La question est urgente. Elle vaut peut-être la peine de se plonger dans un petit livre de Gérard Miller centré sur cette question. En une série de courts chapitres, fruit de ses travaux scientifiques, l'auteur dissèque la langue d'un grand parrain du genre : le Maréchal Philippe Pétain, chef de l’État Français entre 1940 et 1944.  Le livre paraît en 1975, l'année de ma naissance. Gérard Miller, qui n'est pas encore le psychanalyste friand de talk-shows que l'on a appris depuis à connaître, publie alors son premier livre. La préface, c'est Roland Barthes qui la signe. C'est peu dire qu'il y complimente son jeune élève. Lui, le professeur né en 1915 qui étouffa sous le régime de Pétain, ...

Monsieur Valls, laissez Dieudonné tranquille !

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« La liberté d'expression vaut non seulement pour les « informations » ou « idées » accueillies avec faveur ou considérées comme inoffensives ou indifférentes, mais aussi pour celles qui heurtent, choquent ou inquiètent : ainsi le veulent le pluralisme, la tolérance et l'esprit d'ouverture sans lesquels, il n'est pas de « société démocratique ». » La mention ici de cette jurisprudence de la Cour européenne des droits de l'Homme (7 décembre 1976, n o  5493/72, Handyside c/ Royaume-Uni) n'a pas pour seul objet de rappeler l'acception extrêmement extensive que l'Europe s'est donnée de l'article 10 - relatif à la liberté d'expression - de sa Convention européenne des droits de l'Homme . Les termes pesés de ces hommes de loi ont l'insigne mérite de formuler clairement ce qu'au sommet de l’État, on semble avoir complètement oublié ces derniers temps.  Rappelons les faits : hier, le Parisien ouvre son édition de samedi au ministr...