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L’Etat, maquillé d'un récit.

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J’ai vu récemment le film L’Exercice de l’Etat , dont les affiches ont brièvement tapissé le métro parisien il y a deux ans. Un film sombre, tout en teintes froides, avec Olivier Gourmet et Michel Blanc respectivement ministre des transports et chef de cabinet. Un film dont l’objet principal n’est pas la communication politique. Mais qui ne parle finalement que de cela, puisqu’il parle des ministres incohérents, du peuple en colère, des hauts fonctionnaires qui ne croient plus en grand-chose.Ce film nous montre un pays, le nôtre, traversé par des directives, des lois, des règlements contradictoires, et dont on dirait qu'il ne tient que par un récit commun. Le ministre Gourmet se réveille en pleine nuit pour visiter une scène d’accident de car ; enchaîne les radios du matin, les réunions du ministère. Refuse publiquement la privatisation des gares, cherche des solutions alternatives, se retrouve désavoué par Matignon et se plie à la privatisation tant déniée . Est-ce l’...

Jérôme Cahuzac est innocent !

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On l’accuse de favoriser la montée du FN et d’accentuer la méfiance pour le politique : le chapeau est un peu grand pour lui. Par Joël Gombin et Gaël Villeneuve, enseignants-chercheurs en sciences politiques.   Jérôme Cahuzac serait-il devenu l'homme le plus détesté du pays ? Ses aveux ont en tout cas déclenché un véritable raz-de-marée politique et médiatique – qui tranche avec la relative bienveillance dont il a bénéficié auparavant, tant de la part de ses collègues politiques, de gauche comme de droite, que de celle de médias qu'on a connus moins attachés à la présomption d'innocence et à la qualité de l'administration de la preuve. Sa faute, mieux, ses péchés, de véniels, sont devenus capitaux. Jérôme Cahuzac, à en croire ses accusateurs, n'a pas seulement fraudé le fisc, il serait, à lui tout seul, le fossoyeur de la démocratie, de la confiance en la politique et le responsable de la montée du populisme. Bref, l'ampleur et la violence de la ...

Mais est-ce que vous l'aviez dit, ça ?

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Comme tout le monde, j'ai assisté à l'interview présidentielle sur France 2 par David Pujadas. Avez-vous eu comme moi  l'impression que l'échange avait quelque chose d'irréel ? Que les deux interlocuteurs donnaient l'impression de croire que les problèmes que vit aujourd'hui le pays se réduisent à un problème de... communication présidentielle ?  Résumons rapidement. La croissance française en 2012 a été à peu près nulle. Le déficit public de 2012 a largement dépassé les bornes fixées par le traité de Maastricht, on s'oriente gentiment vers une performance du même ordre en 2013. Tout le monde autour de nous connait un copain, une copine, sinon plusieurs, que la situation affecte. Les prélèvements obligatoires, c'est officiel, ont fait baisser le pouvoir d'achat moyen des Français - de certains Français plus que d'autres, assurément, c'est le principe des moyennes, comme c'est aussi le principe de ce genre de conjoncture que de fr...

Otages : Rupture dans la chaîne du sang-froid

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Ce matin à l'Assemblée, un ministre a avalé sa langue.  Au départ, une dépêche AFP, à 9h34. Comme le rappelle Caroline Vigoureux, journaliste au JDD.fr dans un article synthétique qui retrace les détails de l'événement, l'AFP publie ce matin une dépêche : "Les otages français enlevés au Cameroun libérés" à partir de sources camerounaises. Une excellente nouvelle, qui brûle les lèvres d'un ministre alors en séance à l'Assemblée, le ministre délégué aux Anciens combattants Kader Arif. Qui prend le micro de l'assemblée, et qui prononce ces mots malheureux : "Juste avec la prudence d'usage... mais je viens d'avoir comme information, à confirmer, mais il semble qu'elle est confirmée, que nos otages au Cameroun ont été libérés", annonce-t-il. Malheur...     Le ministre devra reprendre la parole à l'Assemblée une demi-heure plus tard, pour enlever ce qu'il vient de dire, et annoncer cette très mauvaise nouvelle : l...

NKM, le verbe et la chair

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Avec plusieurs amis chercheurs en sciences politiques, je partage une manie bizarre : celle de m'abonner à la newsletter de formations politiques dont je ne suis par ailleurs l'actualité que d'assez loin, et pour lesquels je ne voterais probablement jamais. C'est ainsi que je recevais, entre autres, des nouvelles régulières de Nathalie Kosciusko-Morizet, députée de la ville de Lonjumeau (91) non loin de laquelle se trouve l'IUT où je bosse. Un personnage ambigu. Porte-parole en 2012 du candidat présidentiel de droite idéologiquement le plus proche du Front National, elle publiait dans le même temps un petit livre dans lequel elle critiquait systématiquement les thèses de ce parti. Ce livre était bien sûr déjà le manifeste d'une candidate s'affirmant comme porteuse des valeurs "du progrès social " , "affranchie des conservatismes" , apte à rassembler au centre sous l'étiquette de l'UMP. Je recevais donc des nouvelles de cette...