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Jérôme Cahuzac est innocent !

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On l’accuse de favoriser la montée du FN et d’accentuer la méfiance pour le politique : le chapeau est un peu grand pour lui. Par Joël Gombin et Gaël Villeneuve, enseignants-chercheurs en sciences politiques.   Jérôme Cahuzac serait-il devenu l'homme le plus détesté du pays ? Ses aveux ont en tout cas déclenché un véritable raz-de-marée politique et médiatique – qui tranche avec la relative bienveillance dont il a bénéficié auparavant, tant de la part de ses collègues politiques, de gauche comme de droite, que de celle de médias qu'on a connus moins attachés à la présomption d'innocence et à la qualité de l'administration de la preuve. Sa faute, mieux, ses péchés, de véniels, sont devenus capitaux. Jérôme Cahuzac, à en croire ses accusateurs, n'a pas seulement fraudé le fisc, il serait, à lui tout seul, le fossoyeur de la démocratie, de la confiance en la politique et le responsable de la montée du populisme. Bref, l'ampleur et la violence de la ...

Mais est-ce que vous l'aviez dit, ça ?

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Comme tout le monde, j'ai assisté à l'interview présidentielle sur France 2 par David Pujadas. Avez-vous eu comme moi  l'impression que l'échange avait quelque chose d'irréel ? Que les deux interlocuteurs donnaient l'impression de croire que les problèmes que vit aujourd'hui le pays se réduisent à un problème de... communication présidentielle ?  Résumons rapidement. La croissance française en 2012 a été à peu près nulle. Le déficit public de 2012 a largement dépassé les bornes fixées par le traité de Maastricht, on s'oriente gentiment vers une performance du même ordre en 2013. Tout le monde autour de nous connait un copain, une copine, sinon plusieurs, que la situation affecte. Les prélèvements obligatoires, c'est officiel, ont fait baisser le pouvoir d'achat moyen des Français - de certains Français plus que d'autres, assurément, c'est le principe des moyennes, comme c'est aussi le principe de ce genre de conjoncture que de fr...

Otages : Rupture dans la chaîne du sang-froid

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Ce matin à l'Assemblée, un ministre a avalé sa langue.  Au départ, une dépêche AFP, à 9h34. Comme le rappelle Caroline Vigoureux, journaliste au JDD.fr dans un article synthétique qui retrace les détails de l'événement, l'AFP publie ce matin une dépêche : "Les otages français enlevés au Cameroun libérés" à partir de sources camerounaises. Une excellente nouvelle, qui brûle les lèvres d'un ministre alors en séance à l'Assemblée, le ministre délégué aux Anciens combattants Kader Arif. Qui prend le micro de l'assemblée, et qui prononce ces mots malheureux : "Juste avec la prudence d'usage... mais je viens d'avoir comme information, à confirmer, mais il semble qu'elle est confirmée, que nos otages au Cameroun ont été libérés", annonce-t-il. Malheur...     Le ministre devra reprendre la parole à l'Assemblée une demi-heure plus tard, pour enlever ce qu'il vient de dire, et annoncer cette très mauvaise nouvelle : l...

NKM, le verbe et la chair

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Avec plusieurs amis chercheurs en sciences politiques, je partage une manie bizarre : celle de m'abonner à la newsletter de formations politiques dont je ne suis par ailleurs l'actualité que d'assez loin, et pour lesquels je ne voterais probablement jamais. C'est ainsi que je recevais, entre autres, des nouvelles régulières de Nathalie Kosciusko-Morizet, députée de la ville de Lonjumeau (91) non loin de laquelle se trouve l'IUT où je bosse. Un personnage ambigu. Porte-parole en 2012 du candidat présidentiel de droite idéologiquement le plus proche du Front National, elle publiait dans le même temps un petit livre dans lequel elle critiquait systématiquement les thèses de ce parti. Ce livre était bien sûr déjà le manifeste d'une candidate s'affirmant comme porteuse des valeurs "du progrès social " , "affranchie des conservatismes" , apte à rassembler au centre sous l'étiquette de l'UMP. Je recevais donc des nouvelles de cette...

Pauvre guerre des images

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Depuis le 11 janvier dernier, la France est en guerre au Mali. Une guerre lointaine, menée par notre armée de métier... et les professionnels de la communication qui l'entourent. A ceux de mes lecteurs qui regardent les journaux télévisés. Oui, vous, là. N''ayez pas honte, relevez la tête. Et dites-moi : y avez-vous vu, depuis le début des conflits, la moindre image de gens en train de... se battre ? Non, hein ? Rien de tel, juste quelques images très abstraites et décalés. des soldats français qui patrouillent... sur les Champs-Élysées, en mode Vigipirate. Des Rafales ravitaillés en plein vol. Tout cela a bien sûr à voir avec ce qui se passe au Mali - les avions partent pour des missions lointaines, le plan Vigipirate a été relevé à "rouge renforcé" (?). Mais force nous est de constater que les images se contentent de figurer cette guerre, sans la montrer. Des images qui figurent avant tout la dimension rassurante, positive de cette guerre : la France dispose...

Plus direct, plus incarné ? Essaye encore.

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Lu à l'instant une interview de Philippe Moreau Chevrolet, communicant, sur le site de Public Sénat, à propos de la "communication de François Hollande". Déroutant. Déroutant, parce que ce professionnel - dont je viens de découvrir l'existence - traite un sujet en or avec des semelles de plomb. Il y a beaucoup à dire sur la communication des ténors politiques.  Il se dit beaucoup de bonnes choses à ce sujet, notamment dans l'excellente émission Déshabillons les , présentée toutes les semaines par Hélène Risser sur... Public Sénat. De son côté, notre communicant enchaîne les banalités cent fois déjà entendues sur toutes les chaînes.  Morceaux choisis : " François Hollande a repris en main sa communication depuis Noël avec un déplacement à Rungis". Ah oui, tiens, merci de nous avoir prévenus, ça nous avait totalement échappé ! "Avec l’arrivée de Claude Sérillon, on assiste à une professionnalisation de la communication de Hollande et du gouv...

Lavomatic UMP

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Ceux d'entre nous qui se passionnent pour la chose politique se retrouvent, depuis dimanche soir, électrisés par une affaire nouvelle. On votait à l'UMP dimanche pour élire le nouveau président : c'était les primaires avant l'heure, puisque le désigné (Fillon ? Copé ?) et son équipe seraient en bonne place pour porter en 2017 les couleurs de la droite. L'ampleur du crash qui s'en est suivi a surpris jusqu'aux intéressés. On avait l'impression, à suivre le fil des règlements de comptes et des recontactes de bulletins, que la même question était dans toutes les têtes : jusqu'où iront-ils ? A quelle nouvelle écharpée publique allons-nous assister ? Et tout le monde de guetter depuis sa fenêtre, avec le plaisir gourmand des voisins un peu commères, les évolutions parfaitement publiques d'un conflit des plus saignants. Paradoxe d'une famille politique cultivant les valeurs de la bourgeoisie française et de son charme discret, portant ici son eng...